Le combat pour l’égalité professionnelle hommes-femmes ne s’arrête pas au vote de la proposition de loi visant à atteindre la parité dans les conseils d’administration et de surveillance des grandes entreprises privées et publiques d’ici 2015.

C’est pourquoi Marie-Jo Zimmermann (Député de la Moselle) a souhaité élargir le débat en organisant un colloque qui s’est déroulé le jeudi 28 janvier à l’Assemblée nationale, Salle Colbert.

Une première table ronde « Agir pour une gouvernance mixte» a été animée par Chantal Bourragué (Député de la Gironde), au cours de laquelle je suis intervenue comme Présidente de l’Epad et Membre de la Délégation aux Droits des Femmes aux côtés de M. Daniel Lebègue, Président de l’Institut Français des Administrateurs, de Véronique Morali, Présidente de Fimalac Développement, Fondatrice du site Terra Fémina et de l’Association Force Femmes, de Clarisse Reille, Présidente de Grandes Ecoles au Féminin, Titä Zeïtoun, Directrice Boissière Expertise Audit et fondatrice de l’association Action de Femmes.

Témoignage de Madame Joëlle CECCALDI-RAYNAUD,

Présidente de la Défense

Mes chères collègues,

Mesdames, Messieurs,

J’ai grand plaisir à participer à ce colloque sur l’égalité hommes – femmes dans le cadre de la proposition de loi déposée par Marie-Jo ZIMMERMAN visant à atteindre la parité dans les Conseils d’Administrations et de surveillance des grandes entreprises privées et publiques d’ici 2015.

Si « gouverner, c’est choisir », gouverner c’est avant tout choisir équitablement des hommes et des femmes,  selon leurs compétences et leur expérience.

Quelques chiffres :

-          17,2% de femmes sont des dirigeants de société

-          10,8% de femmes sont dans les CA des sociétés du CAC 40

-          si on prend en compte le CA dans les 500 premières entreprises françaises, ce pourcentage tombe à 8%

-          seulement 11% des maires sont des femmes, elles représentent 18% des effectifs de l’Assemblée Nationale et 22% du Sénat.

Tel est le constat. Je ne peux donc que me réjouir que la représentation nationale soit saisie sur ce sujet. Puisque les mêmes devoirs nous incombent, nous prétendons, nous femmes, avoir les mêmes avantages et les mêmes privilèges que les hommes.

Jadis, l’homme créateur du foyer, dont la femme était la gardienne, assumait les responsabilités de son œuvre et pourvoyait à ses besoins physiques et moraux.

Nous pouvons affirmer hautement qu’aujourd’hui les rôles sont tout autres.  Mettant de côté les préjugés de son sexe, la femme a pris dans la société la place qu’elle occupe et elle y joue un rôle actif. A elle aussi la lutte et par conséquent l’égalité dans la lutte.

Je suis élue locale, maire de Puteaux et député de la 6ème circonscription des Hauts-de-Seine. Depuis peu je suis élue à la présidence du CA de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (EPAD).

Jamais une femme n’avait été élue à ce poste. Au moment de mon élection, très compatissants, certains hommes m’ont demandé comment j’allais concilier ma vie professionnelle et ma vie privée.

J’ai senti lors du premier conseil d’administration, il y a deux jours seulement, que tous les yeux étaient braqués sur moi. On doutait de mes capacités. Il a fallu que très vite je fasse mes preuves. Pas le droit à l’erreur. On vous attend au tournant.

Etre une femme à la présidence de l’EPAD, c’est connaître ses dossiers sur le bout des doigts, c’est mettre les 20 000 habitants et les 150 000 salariés au cœur des projets.

Etre une femme à la présidence de l’EPAD, c’est considérer ce lieu, non pas seulement comme un lieu de tours et de bureaux, mais comme un lieu de vie, de sentiment, d’émotion et de bien-être.

Etre une femme à la présidence de l’EPAD, c’est faire en sorte que la Défense soit un mariage entre l’humanité et l’urbanité, c’est poser l’urbanisme avec l’homme au cœur du projet.

A en croire mon prédécesseur Patrick DEVEDJIAN, une femme a les mêmes qualités qu’un homme, avec en plus « le souci du détail ». Je lui suis reconnaissante pour ce propos.

TALLEYRAND disait que « là où tant d’hommes ont échoués, une femme peut réussir ».  Il faut donc nous faire confiance, exploiter nos talents. Cette équité ne devrait pas nous être imposée. Elle devrait s’imposer d’elle-même comme une évidence, mais hélas on n’a pas encore fait suffisamment évoluer les mentalités. A l’époque où nous vivons, le deuxième sexe ne doit pas jouer les seconds rôles.

Les femmes travaillent autrement, elles sont davantage sur le terrain, elles écoutent, dialoguent. Elles cherchent au plus près des gens ce qu’il faut changer, inventer ou abandonner pour améliorer leur vie.

Je ne partage pas le point de vue de Simone de Beauvoir. Pour moi, les hommes et les femmes sont différents. Et c’est parce que nous n’avons pas le même regard sur la société qu’il faut absolument plus de femmes dans les Conseils d’Administration.

Ce sera pour demain. On a tellement besoin des femmes. Ne sont-elles pas l’avenir de l’homme ?

Je vous remercie.

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