En tant que citoyenne, en tant que contribuable, je suis particulièrement attachée à notre système de retraite. Et c’est cet attachement qui guide ma conviction de législateur : la pérennisation de notre système de retraite, qui passe indéniablement par son équilibre budgétaire, est un défi majeur de la législature pour les générations futures.
Il faut en effet conserver notre système de retraite par répartition car il a permis en quelques décennies une augmentation considérable du niveau de vie des retraités, ainsi qu’une forte redistribution au profit de ceux qui connaissent des interruptions de carrière, notamment au titre de la maternité ou du chômage.
Cependant, notre système est encore basé sur des équilibres qui datent des lendemains de la seconde guerre mondiale. Nous sommes passés d’une France des « Trente Glorieuses » portée par une forte croissance économique et démographique à une France où l’on vit de plus en plus longtemps mais à la croissance ralentie.
Il en résulte une forte dégradation financière des régimes (déficits de 9,5 milliards d’€ en 2009 et de 12,2 milliards d’€ en 2010) et des perspectives démographiques (on compte aujourd’hui 1,8 cotisant pour un retraité, dans 10 ans, ce sera 1,5 cotisant et dans 20 ans, ce sera 1,3 cotisant) qui imposent des mesures fortes et courageuses.
Comme il n’est pas question de jouer sur le montant des pensions, dont certaines sont déjà très modestes, tous les autres paramètres devront être abordés pour équilibrer les comptes. Que ce soit l’âge légal de départ en retraite, la durée de cotisation, la pénibilité, l’emploi des seniors, la convergence public-privé, le financement, le législateur devra aborder toutes ces questions, au-delà des clivages, et sans faire sans tabou.
En ouvrant le débat de la réforme des retraites, l’Assemblée nationale prend date et assume sa responsabilité à l’endroit des générations futures : il s’agit là d’un défi d’intérêt national dont je vous rendrai compte.

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