La surmortalité des abeilles pose de lourdes inquiétudes pour la biodiversité de notre environnement. Depuis quinze ans, près de 30% des colonies disparaissent chaque année alors que 80 % de notre environnement végétal est fécondé par les abeilles et près de 40 % de notre alimentation (fruits, légumes…) dépend du travail des butineuses. Mis en cause : la multiplication des substances chimiques et des pesticides dans l’environnement. Ces phénomènes touchent les abeilles d’élevage et certainement aussi les abeilles sauvages, dans le monde entier.

Comme186 parlementaires, dont Dominique Voynet, Noël Mamère, Yves Cochet, Patrick Balkany, François Grosdidier, Hervé Mariton, et près de 200 élus d’Ile de France comme Claude Bartelone, j’ai signé la Charte de Soutien à l’Abeille. Nous nous engageons notamment à ne pas utiliser de produits phytosanitaires toxiques pour les abeilles dans les espaces verts gérés par nos collectivités locales. Cette charte a été signée symboliquement mardi 30 mars à l’Assemblée nationale à l’initiative de l’Union de l’Apiculture Française, avec le Mouvement pour la Défense et le respect des générations futures, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et Agir pour l’environnement.

Pour participer à leur action de pollinisation, j’ai souhaité qu’un rucher de 80 000 abeilles soit installé dans l’Ile de Puteaux, en bord de Seine. A travers le Naturoscope, la maison de l’environnement qui y est implantée, nous menons une sensibilisation du grand public qui peut observer l’organisation de la vie des abeilles, le métier d’apiculteur, la fabrication du Miel de Puteaux, commune dont je suis le Maire.

Nous participons modestement alors qu’il y urgence.

Pour cela, le gouvernement a lancé en 2009 un « Plan abeilles : pour une filière apicole durable », sur la base du rapport de mon collègue Martial Saddier, député de Haute Savoie, un plan est en cours de mise en œuvre. Il comporte 26 mesures phares, notamment la création d’un institut technique apicole et d’une interprofession apicole, cibler les principales maladies et les principaux parasites des abeilles, définir la stratégie de lutte contre le frelon asiatique qui s’attaque depuis peu aux ruches.

Dans la continuité des engagements du Grenelle de l’environnement, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des Transports, et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, s’engagent pour que les abords routiers soient en mesure d’accueillir des insectes pollinisateurs. Au printemps 2010, des fleurs sont ainsi être semées sur plus de 250 kilomètres d’accotements routiers afin d’offrir aux abeilles de nouvelles ressources florales pour leur alimentation. « Cette expérimentation sera évaluée pendant trois ans. Intensité du butinage, composition des pollens, analyse du miel… autant d’indicateurs qui permettront d’apprécier l’efficacité de la démarche, les éventuels problèmes qui se poseront, et de rechercher les solutions adéquates. »

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